« Mon entreprise grandira avec mes enfants »

Figure d’une « mompreneur » : son entreprise et ses enfants.

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Les deux bébés sont nés presque en même temps : Mathurin, le deuxième enfant de Laurence Madec, âgé d'un peu plus de deux ans,  et sa TPE, Lilette et Ciboulette, créée fin 2008. « En réalité, je portais mon projet de création depuis longtemps. Mais je ne me suis décidée à passer à l'acte que lorsque mon entreprise s'est restructurée », raconte cette nantaise d'adoption. Diplômée d'une école de design, Laurence, 37 ans, a en effet dirigé pendant dix ans le département création d'une entreprise spécialisée dans le cartonnage de produits de luxe (parfums, cosmétiques, vins, …). Mais elle n'a jamais cessé de concevoir, et fabriquer des meubles en carton. Un matériau de récupération qu'elle découpe, colle, vernit, peint, et transforme en fauteuils, présentoirs, comptoirs, ou meubles de rangement, tous étonnamment solides et réalisés sur mesure et aux couleurs, et logos, de leur futur propriétaire. Pourquoi donc ne pas en faire son métier ?
 
Bilan de compétence et pépinière
 
 A peine quittée son entreprise, Laurence réalise un bilan de compétences et s'installe à l'Ouvre Boite 44 : cette coopérative accueille les porteurs de projets qui ne s'estiment pas encore mûrs pour créer leur propre structure. C'est elle qui  remplit les formalités administratives avant de  reverser aux entrepreneurs un salaire. « Cela m'a permis de me lancer un peu à l'instinct, sans réaliser une multitude d'études préalables », explique Laurence. L'Ouvre Boîte l'a aussi incitée à suivre une formation commerciale à la BGE Ouest (ex Boutiques de Gestion).
En deux ans, le projet de Laurence a bien évolué : des meubles pour enfants, elle s'est réorientée vers le mobilier d'entreprises, notamment pour les expositions. Pour l'heure, Lilette et Ciboulette ne lui rapporte que l'équivalent d'un salaire à mi-temps. « Cela correspond à ma période de vie.  Aujourd'hui, j'arrive à concilier mes horaires avec ceux de mes enfants. Mais quand ils seront plus autonomes, je donnerai à mon entreprise plus d'ampleur ». Laurence a adhéré à l'Association des Mompreneurs, ces mamans qui refusent de choisir entre leurs enfants et leur entreprise.  « Cela permet de partager quelques préoccupations d'organisation. Mais aussi, bien sûr, de se faire un réseau ! ».
 
Catherine Bernard - Lesinfluences.fr